David Lachapelle à la Monnaie de Paris

David Lachapelle

David Lachapelle

Une « rétrospective » de l’œuvre de David Lachapelle, l’un des photographes les plus reconnus de sa génération, se tient actuellement à la Monnaie de Paris jusqu’au 31 mai 2009. Si vous êtes parisiens, vous n’avez pas pu échapper à l’affiche de l’expo, représentant le visage du transsexuel Amanda Lepore, à la manière d’Andy Warhol, qui n’est certes pas du meilleur goût, mais qui éveille tout de même la curiosité (la mienne en tout cas). C’est donc de bon matin, après un essai infructueux en pleine journée (mon dieu que je suis naïve!), que je me suis rendue à la Monnaie de Paris.

David Lachapelle La pieta

David Lachapelle La pieta

L’exposition regroupe plusieurs séries de travaux de l’auteur américain: « Présages d’innocence » qui fait référence à la lutte sans fin entre la pensée religieuse, politique et artistique, « Déluge » qui constitue une critique de la course à la consommation, « Du paradis à l’enfer » qui aborde le thème de la mort, « Le rêve évoque le surréalisme » série dans laquelle le fantastique s’allie au paradoxe poétique, « Destruction et désastre » mettant en scène des visions apocalyptiques, « Les excès » reflétant les vices des personnes riches et célèbres, « Le star system » série de sublimes et exubérants portraits de stars. L’œuvre de Lachapelle est donc très dense et a priori profonde. Si je devais retenir 3 œuvres de l’expo, je choisirais tout d’abord « Pietà with Courtney Love », faisant référence à La Pietà de Michel-Ange de la Basilique Saint-Pierre de Rome, qui est la 1ère œuvre de l’exposition. Cette scène montre Courtney Love en Vierge-Marie tenant sur ses genoux un Christ évoquant Kurt Cobain agonisant après une overdose. Si si je vous jure c’est pas mal, c’est touchant disons. En plus, un petit film montre les conditions de réalisation de la photo. Ici pas de montage numérique (ou si peu) mais une vraie mise en scène, que dis-je une véritable composition. Je choisirais ensuite « Lusty Spring » (photo en bas) représentant pudiquement Angelina Jolie nue dans un champs de fleurs: allégorie du printemps ou allusion à l’acte sexuel ? Chacun y verra ce qu’il veut, en tout cas moi je la trouve très esthétique. Enfin, je choisirais « Museum » (1e photo) qui représente un musée déserté après une inondation, photographie dégageant sérénité, poésie et mélancolie, tranchant avec le reste de l’œuvre de Lachapelle. Il faut préciser que cette rétrospective n’est pas tout à fait complète puisqu’elle ne comprend pas l’intégralité de séries de l’auteur mais peut être est-ce à dessein. En effet, certaines de ses photographies sont clairement politiquement incorrectes, certaines donnent même la nausée: excès de couleurs, de corps nus, de sexe, de transgression de tabous, de lubricité, de violence, de vulgarité … choquer pour choquer au nom de l’art ? Est-ce toujours d’actualité ou complètement dépassé ? Quoiqu’il en soit cette expo est très réussie, et je vous la conseille: elle ne vous laissera pas indifférent.

Hôtel de la Monnaie, 11 quai de Conti – 75006 PARIS. 10 €.

David Lachapelle Angelina Jolie

David Lachapelle Angelina Jolie

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